27 juillet 2018

Elle lui fait mille gracieuses agaceries

Maquette de costume pour La Volière ou les oiseaux de Boccace, par Paul Lormier   Emilien de Vaudreuil à son fils Charles La Boissière, 22 juin 1868    Mon cher fils, Il est bien vrai que j’ai le sentiment d’avoir vécu, au point de vue de la danse, une extraordinaire période dont je pense sans exagération que les siècles futurs se souviendront. C’est bien pourquoi je prends tant de plaisir à l’évoquer pour toi.  En effet, tu peux sourire des engouements successifs de ton vieux père, pour la Taglioni... [Lire la suite]

01 mai 2018

Une langoureuse souplesse féline, une coquetterie pateline

Mlle Fanny Essler dans La Chatte métamorphosée en femme   Emilien de Vaudreuil à son fils Charles La Boissière, le 10 juin 1868   Mon cher fils, Après l’enterrement précipité des Mohicans, en juillet 1837, Paris s’en fut sans tarder dans les Pyrénées, à Plombières, aux bains de Calais ou aux bains de Dieppe. A la rentrée d’octobre, il se murmurait que Melle Fanny Elssler était plongée dans une étrange manie, vouant son temps à l’étude approfondie des mœurs félines, consacrant ses heures de liberté à un matou, pour... [Lire la suite]
24 avril 2018

Les Mohicans n’eurent aucun succès !

  Maquette de costume de Paul Lormier pour les Mohicans   Emilien de Vaudreuil à son fils Charles La Boissière, le 8 juin 1868   Mon cher fils, Comme tu as raison ! Giselle est bien le chef-d’œuvre du ballet et la merveille du répertoire chorégraphique de notre Opéra. Je te parlerai plus tard longuement de la création de ce ballet et de la charmante Carlotta qui fut son idéale interprète. Mais permets-moi d’égrener mes souvenirs de vieil abonné avec un peu de méthode et de progresser de façon ordonnée dans... [Lire la suite]
01 avril 2015

Une Source un peu trop habillée

  La Source, Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1856. Musée d’Orsay   Charles de Vaudreuil à son père Emilien    Paris, 15 novembre 1866 Mon cher Père, J’en viens sans tarder à la musique de la Source. Curieusement, on a demandé à deux compositeurs d’en écrire chacun une moitié. On eût pu confier l’œuvre entière M. Delibes, dont la partie, c'est-à-dire le deuxième acte et le premier tableau du troisième, fait un singulier contraste avec celle de M. Minkous. Autant celle-ci est correcte et distinguée,... [Lire la suite]